En raison d’un reste à charge trop élevé pour leur budget, quatre Français sur dix renoncent à des soins dentaires, d’après les chiffres du réseau de soins Santéclair, partenaire de plusieurs organismes de complémentaire santé. Après avoir fait réaliser un devis par un dentiste, 38 % des patients ont en effet décidé de ne pas y donner suite et 17,8 % n’ont réalisé qu’une partie des soins préconisés.  Le matériel dentaire est dispensable pour les dentistes, et le micromoteur dentaire est le plus important. 

Les tarifs pour la pose d’implants sont particulièrement élevés, et le taux de renoncement s’élève à 44 % pour ce type d’intervention. Lorsque la somme à payer par le patient, une fois déduits les remboursements de l’Assurance maladie et de la complémentaire santé, dépasse les 1 000 euros, ce sont 60 % des personnes qui ne se font pas soigner. La Cour des comptes a ouvert une enquête sur les pratiques et les tarifs des dentistes. Les résultats seront publiés courant 2016, avant la renégociation de la convention entre les dentistes et l’Assurance maladie.

La densité de dentistes dans la capitale (115 pour 100000 habitants) pourrait expliquer ce phénomène : moins d'actes mais des actes plus chers. « Les dépassements constituent une variable d'ajustement face à la concurrence », expliquait en 2010 l'assurance maladie dans une note d'analyse. La région Paca et Lyon sont aussi concernés. Mais les principaux soins épinglés sont les prothèses, qui ont représenté 5 milliards de dépenses en 2012. Sur ce total, seul 1 milliard a été remboursé par l’Assurance maladie, le reste étant réglé par l’usager, aidé de sa complémentaire santé, s’il en a une.

Or, les « inlay-core » sont de plus en plus utilisés, au détriment de la deuxième solution. « Si les professionnels prescrivent davantage d’ « inlay-core », c’est pour des raisons médicales et non pour gagner davantage d’argent : cette technique est plus adaptée pour des dents très défectueuses », répond Joël Trouillet, secrétaire générale de l’Association dentaire française. L'étude devrait faire grincer des dents du côté des dentistes qui tiennent leur congrès jeudi et prévoient des actions fortes pour obtenir des hausses de tarifs.

 

Les dentistes du Calvados transforment leur grève en action de prévention